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Antoine

Yvon-VILLARCEAU

Le 18 mai 1990, le train à grande vitesse n° 325 pulvérisait à 515,3 km/h le record du monde de vitesse sur rail, entre Paris et Vendôme.
Cet exploit fut en parti réalisé grâce à différents travaux notamment la
théorie de la stabilité des machines locomotives en mouvement, exposée à
la société des ingénieurs civils en 1851 par Antoine-François-Joseph Yvon-Villarceau, né en 1813 rue du Bourg-Neuf à Vendôme.

Antoine Yvon-Villarceau
Père enfantin

Sa vie :

Élève au Lycée Ronsard, son bac littéraire en poche, il monte à Paris pour continuer à progresser dans sa passion de jeunesse : la musique et intégrer le cours de basson du conservatoire. En 1834, il obtient le second prix, il n’y eut pas de premier prix.

À Paris, âgé de 17 ans il trouve une nouvelle famille, celle des Saint-Simoniens. Séduit par l’esprit et les idées, il intègre la Communauté de Ménilmontant et devient apôtre. Suivant le « Père » Enfantin, la cohorte des disciples voyage vers le ciel d’Égypte. Antoine est du nombre et il y restera trois ans.
Lors de ce séjour égyptien, il découvre les mathématiques, la physique. En 1837, il revient en France passer le concours de l’Ecole Centrale. Il le réussit et en sort
ingénieur promotion 1840.

Soucieux de son prochain pour un monde meilleur ; il resta fidèle aux idées saintsimoniennes et s’engagea aux cotés de Lamartine, Ledru-Rollin, Blanqui, dans l’édification de la République de 1848. Il se présenta à la députation à Vendôme mais perdit, avec un score honorable tout de même.
À partir de ce moment, il se consacre aux sciences à l’Observatoire de Paris mais
aussi dans d’autres disciplines.

Cercles de Villarceau
Cercle de Villarceau avec un plan bitangent à un tore qui le coupe suivant deux cercles
Cercles de Villarceau

Le nom de Villarceau est surtout connu pour ses cercles : “Les cercles de Villarceau” ou “tore de
Villarceau” : un plan bitangent à un tore le coupe suivant deux cercles (théorème de Villarceau).

Ce Théorème sur les cercles fut la base de nombreux travaux et encore aujourd’hui.

Travaux : 

Antoine Yvon-Villarceau a aussi collaboré, sur différents sujets avec les plus grands de son temps :
François Arago, Urbain Le Verrier, Adhémar Barré de Saint Venant, Ferdinand de Lesseps, William Herschel,….
Membre et secrétaire du Bureau des Longitudes, membre de l’Académie des Sciences, il est investi dans les cercles associatifs de la sociabilité académique et savante tant locale (Société Archéologique Scientifique et Littéraire du Vendômois) que nationale et internationale, ambassadeur de la science française dans de grandes conférences internationales.

Dans son “Mémoire relatif à l’esthétique des arches et des ponts”, il formule une théorie des voûtes dite de l’« arc de Villarceau » et conçoit une méthode pour équilibrer les meules en rotation.
Dans le domaine du calcul, indépendamment des cercles, il publie des travaux fondamentaux de géodésie (amélioration de la mesure des latitudes et des longitudes) et expertise l’étalonnage des poids et mesures.

Théorème de Villarceau
Coupe des cercles de Villarceau
Coupe des cercles de Villarceau
Coupe des cercles de Villarceau
Cercles de Villarceau

Il invente et réalise le régulateur isochrone qui permet de déceler les variations de pesanteur terrestre. En astronomie, outre les observations d’étoiles, éclipses et comètes, il contribue au perfectionnement des lunettes astronomiques, élabore une méthode de calcul des orbites et s’intéresse au calcul de la vitesse de la lumière. Théoricien reconnu de la chronométrie, ses travaux permettent d’en améliorer la précision. Vers la fin de sa vie il revient sur les travaux d’un mathématicien mystique adepte de l’équation universelle, Joseph Hoëne-Wronski.

De cet ensemble disparate ressort malgré tout un principe d’unité hérité de sa formation d’ingénieur. Sur le plan intellectuel, il y a clairement une méthode Villarceau, soucieuse de concilier la théorie et la pratique. Ce mécanicien des équations est un défricheur consciencieux des sciences appliquées.

En 1883, il représente la France au congrès de géodésie de Rome. À la fin du congrès, Yvon Villarceau souhaite voir le cratère du Vésuve. Les fatigues du voyage lui sont fatales. Le 23 décembre 1883, âgé de 71 ans, Antoine Yvon-Villarceau décède dans son appartement parisien, emporté par une pneumonie.
Il est resté très attaché à son Vendômois natal où il séjourne régulièrement dans sa propriété.
Localement, il est membre de la Société Archéologique Scientifique et Littéraire du Vendômois. À sa mort, Yvon-Villarceau fait don de ses biens à sa ville natale (Maison de Vendôme : “la Retraite”, une ferme à St Ouen/Nioche, Bois et Terre sur Villarceau/Selommes, Villetrun). Il fait également un don de 100 000 francs or à la ville de Besançon, ceci pour la création d’une école de jeunes filles sur le modèle de celles crées par Elisa Lemonnier. Une avenue lui est dédiée, une aile du bâtiment de “l’Horlo”, Ecole d’horlogerie, pour ses travaux en rapport avec les chronomètres.

Art : 

Pour conclure sur une note artistique, son œuvre et notamment les cercles, n’ont pas laissé indiffèrent le peintre américain Michael Schultheis. Ses œuvres : “Villarceau Series” exposées en 2007 et 2016, sont inspirées des mathématiques et notamment des cercles de Villarceau. Une vie bien remplie, et la phrase prononcée par C. de Comberousse, en 1879 lors du cinquantième anniversaire de

l’École centrale des arts et manufactures s’applique tout à fait à Antoine : “Il n’est pas un élève de l’École qui n’emporte en la quittant la possibilité d’inscrire un jour au revers de son diplôme tous les titres que son ambition juvénile aura pu rêver grands travaux exécutés, inventions réalisées, honneurs obtenus, biens noblement acquis”.

Il est aujourd’hui un de ces hommes de sciences qui a œuvré pour l’avenir et le bien de l’Humanité :
sans n’avoir jamais épargné ni soins, ni fatigues, mais resté dans l’ombre des étoiles !

Villarceau Series
Villarceau Series